Intervention de Béatrix Marik
pendant l’entrevue de Johanne Verdon
à l’émission « Le plaisir n’a pas d’âge »
Radio-Boomer 1570-AM
28 octobre 2009
Serge Laprade :
Johanne Verdon, vous savez que vous avez une lectrice inconditionnelle ! Elle a écrit la préface de votre livre
La muraille de glace. J’ai trouvé ça très doux, très gentil, très touchant également : « préface en forme de cœur », c’est comme ça que ça s’intitule. Et puis c’est Béatrix Marik, qui est directrice de publications à TVA Publications et elle se dit elle-même d’ailleurs, c’est dans son titre, amie, admiratrice et sœur cosmique de l’auteur. Elle est en ligne présentement. Allô, Béatrix. Comment allez-vous, chère amie?
Béatrix Marik :
Je vais très bien, Monsieur Laprade, et c’est tellement juste, ce que vous avez dit de votre invitée ce matin, à savoir que par sa seule présence, elle dégage des vibrations et des ondes qui évidemment se sont transmises dans son écriture, et c’est ça, moi, qui m’a énormément frappée, aussi dans le premier livre de Johanne, de la collection Les yeux de Florence. C’est un niveau d’écriture qui n’a jamais été, à mon avis, offert au lectorat de nos jours, comme si Johanne pavait la voie à un autre genre littéraire. Ça, ça m’a énormément touchée, surtout que Johanne a un sens incroyable des métaphores, vous savez, l’art des comparaisons. En plus, dans ce roman-là, on peut mesurer l’étendue de sa culture. C’est une dame que, lorsqu’on l’a devant nous, je trouve qu’elle distille beaucoup, beaucoup de douceur, de bienveillance, mais on oublie qu’elle a aussi une culture artistique et politique très musclée et ça se perçoit à travers chaque ligne de son premier et de son deuxième roman.
Serge Laprade :
Donc, c’est ça, c’est qu’on retrouve une documentation là-dedans presque, vérifiable !
Béatrix Marik :
Absolument, il s’agit quand même d’une fresque politique très, très bien tissée où à chaque détour, il y a toujours un élément esthétique, un élément poétisé, et on tombe sous le charme.
Serge Laprade :
Oui, vous aimez ça, vous, la couleur du sommeil…
Béatrix Marik :
Ah, ciel, oui ! parce que jusqu’à présent, c’est comme un petit peu une robe couleur du temps dans les contes d’enfants, ça permet mille et une propositions, ça renvoie chacun à notre histoire personnelle. Et comme je vous dis, vous avez très, très bien décrit ce que vous ressentez en présence de cette grande dame du Québec et j’espère qu’elle va continuer à mettre la main à la plume!
Serge Laprade :
Ah oui, oui, bien sûr ! Madame Verdon émane, elle irradie et ça, c’est absolument indéniable. Mais vous qui êtes, Béatrix Marik, directrice de publications à TVA Publications, vous êtes une liseuse par métier, par carrière, vous aimez ça lire et vous en avez lu, des livres, dans votre vie…
Béatrix Marik
:
Absolument, je suis une boulimique de lecture.
Serge Laprade
:
… et vous êtes emballée par la livraison de Johanne Verdon.
Béatrix Marik
:
Je suis emballée par la livraison de Johanne parce que, comme je vous dis, c’est comme si elle pavait la voie à un autre genre littéraire qui échappe à toute identification connue. Quand on lit du Johanne Verdon, on ne sait pas si on lit, donc, un suspens, un roman carrément fictif ou au contraire, un roman visionnaire, une science-fiction ou vraiment quelque chose de très, très, au contraire, hyperréaliste. Je trouve que sous sa plume, tous les genres se confondent pour en recréer un nouveau… dont je n’ai pas le nom ! Et c’est ça que je trouve absolument fantastique et, comme je lui ai déjà dit je crois, elle le confirmera, elle a aussi, Johanne, l’art de poétiser ce qu’il y a de plus difficile, ce qu’il y a de plus ombrageux ou de noir dans la nature humaine. Ce qui fait que lorsqu’on la lit, on n’est jamais incommodé ou déprimé par des réalités dures, on est au contraire sous le charme de la façon dont elles sont proposées au lecteur.
Serge Laprade :
C’est une belle évasion, ça, hein ? On peut s’évader du train-train quotidien, sans l’occulter, à savoir que ça existe la réalité des choses, mais sauf qu’on n’est pas obligé de les décrire exactement comme on les sent ou comme on les voit.
Béatrix Marik :
Exactement. Il suffit de lire, dans son second roman, des métaphores comme les « hommes-escargots » ou les « femmes-tournesol »… ça ne peut venir que d’elle, avec toute l’expérience qu’elle a de la consultation, de l’âme humaine. Johanne est tout le temps en contact avec les êtres humains, avec leurs parties visibles et avec leurs parties mystiques et je trouve que c’est toute cette expérience-là qui rejaillit sous les mots et qui la rend unique.
Serge Laprade :
Alors, Madame Marik, vous avez donc lu, bien sûr, le premier roman
Les couleurs de l’ombre, et le deuxième aussi La muraille de glace. Est-ce que vous pensez qu’il y a une trajectoire qui s’en va vers un troisième volume?
Béatrix Marik :
Je le souhaite ! Vous me tirez les vers du nez ou les mots de la bouche !
(rires)
Je crois que oui et je pense même, Monsieur Laprade, mais vous pourriez lui demander… Johanne a un projet de concours pour créer des personnages à partir des êtres humains. Je crois qu’elle serait ravie de vous en parler.
Serge Laprade :
Bien, écoutez, je vous remercie infiniment d’avoir été avec nous ce matin. C’était très… Vous êtes une inconditionnelle. On va retourner maintenant à Madame Verdon. Merci beaucoup encore une fois, Béatrix Marik.
Béatrix Marik :
Au revoir, Monsieur Laprade, au revoir, Johanne.
Johanne Verdon :
Au revoir.
Les couleurs de l'ombre
La muraille de glace