Johanne Verdon, romancière
Les arts et les soins
Johanne Verdon est issue d'une famille où les arts étaient liés à la vie de tous les jours. Son père, Mario Verdon, bien connu du milieu artistique, fut pendant plusieurs années la "voix de velours" du Québec. Animateur, interviewer, comédien, puis peintre pendant une trentaine d'années, il vécut entouré de formes et de couleurs, ce qui bien sûr déteignit sur ses enfants. Très jeune, Johanne démontre une sensibilité particulière. Elle est à l'écoute de l'univers. Dès l'adolescence, elle s'intéresse à la peinture, mais ce chevalet qu'elle a demandé en cadeau de Noël, elle tardera à s'en servir, si bien que son père commencera à l'utiliser, ce qui marquera pour lui le début d'un amour pour les pinceaux et les pâtes d'huile. Sa mère, Paule, est chanteuse. Les sons sont donc très présents à la maison. Elle veille à ce que ses filles suivent de multiples cours de danse et de piano. Mais elle est aussi à la source d'un deuxième intérêt bien présent dans la vie de Johanne Verdon depuis sa plus tendre enfance : les soins de santé par les plantes, l'argile et les jus frais, et cela, elle le tient de son propre père, Jacques Valentine, donc le grand-père de Johanne, initié aux soins par les méthodes naturelles, par un herboriste amérindien. Voie que Johanne Verdon choisira, après des études en lettres et philosophie et une première année de BAC en animation théâtrale à l'Université du Québec. Elle suivra un cours de quatre ans en naturopathie dans une école du Québec alors affiliée à l'Université américaine Susan B. Anthony, au Missouri. Elle est d'ailleurs connue dans ce domaine depuis une quarantaine d'années.
Dès l'adolescence, stylos et papiers ne cesseront de l'accompagner.
Pour Johanne Verdon, le déversement de la peine se fera sur le papier, suite au décès de sa meilleure amie, lors d'un accident d'automobile, à l'âge de 12 ans. Puis à 14 ans, lors d'un examen de français portant sur la littérature et l'art de l'écriture, elle compose un poème : Le monde de mon univers. Le professeur, littéralement fasciné par cette plume particulière, consacrera deux cours à l'étude du poème. Puis, elle écrira de l'âge de 15 ans à 17 ans, des chansons, avec des copines musiciennes. Une cinquantaine de textes danseront sous ses doigts. Au collège, en lettres et philosophie, elle continuera de présenter des poèmes. Dans la jeune vingtaine, elle écrira un roman qui ne verra jamais le jour. "Répétition générale!" dira-t-elle toujours. Mais ce rêve de devenir romancière l'habitera sans cesse. Elle sait qu'un jour, il se réalisera, si elle suit le fil conducteur de la persévérance et du courage, car cela n'est pas de tout repos, naviguer sur un radeau de papier, sans sombrer dans les eaux de la paresse et du rêve impossible à réaliser. Voilà donc un premier roman : Les couleurs de l'ombre, de la collection Les yeux de Florence. Le deuxième est en préparation.
Il y a plus souvent qu'on ne le pense, un pont, que certains artistes traversent à un moment donné de leur vie, un pont qui les mène du milieu artistique à celui de la santé. Pensons par exemple à la chanteuse Marie Carmen qui a quitté le domaine de la chanson il y a quelques années. Elle a traversé le pont de l'humanisme pour venir en aide aux Péruviens, pour améliorer leur qualité de vie. Ce pont de l'humanisme va dans un sens comme dans l'autre et Johanne Verdon l'a traversé en sens inverse, pour aller des soins de santé à la littérature, sans toutefois quitter la naturopathie. Elle poursuivra les deux carrières parallèlement, car l'écriture de romans est son passe-temps.
Depuis toutes ces années, une quarantaine en tant que clinicienne naturopathe, beaucoup de gens lui ont ouvert leur cœur. Elle a entendu tant d'histoires de vie qui ont touché sa sensibilité et alimenté son questionnement existentiel! Il en est résulté un compost particulier qui a nourri sa vision des choses et elle souhaite qu'il nourrisse le cœur de nombreux lecteurs.
L'impressionnisme et le surréalisme, en littérature et en peinture, sont aussi très présents dans sa vie, comme dans son écriture.
La muraille de glace