| L’ENVERS
DE LA MÉDAILLE
(suite à l’étude présentée par l’American
College of Rheumatology
conduite et financée par les National Health Institutes)
UNE ÉTUDE EST COMME UN VISAGE
 |
Réflexion
étrange, me direz-vous. Pourtant la comparaison n’est aucunement
boiteuse. Il est important de regarder un visage en face et de le considérer
sous tous les angles. Cela n’est-il pas une des clés de la
communication ?... Il en va de même pour une étude telle
que celle présentée dernièrement lors de la rencontre
scientifique annuelle de l’American College of Rheumatology, tenue
récemment à San Diego. Lors de ce congrès, on a considéré
l’étude conduite et financée aux Etats-Unis par les
National Health Institutes, impliquant près de 1,600 personnes
atteintes d’arthrose aux genoux, sous tous les angles, autrement
dit, la joue droite ainsi que la joue gauche, l’œil droit ainsi
que l’œil gauche, etc. Je m’explique. Le but d’une
étude comme celle-ci est, il me semble, de connaître entre
les diverses substances laquelle parmi le sulfate de glucosamine, la chondroïtine,
le Célécoxib (Celebrex) est à même de soulager
les gens souffrant d’ostéo-arthrite aux genoux, de comparer
aussi avec un placebo, pour venir en aide aux gens qui souffrent. À
ce jour, plusieurs professionnels de la santé qui connaissent les
résultats positifs de plusieurs méta-analyses sur le sulfate
de glucosamine et de plusieurs recherches faites sur la chondroïtine,
déplorent l’angle qu’ont choisi les auteurs de l’article
du New England Journal of Medicine pour présenter les
résultats de l’étude en question, dont on a discuté
dernièrement dans les médias : Edzard Ernst, expert en médecine
complémentaire, professeur rattaché à la Peninsula
Medical School de l’Université d’Exeter en Angleterre,
Mark Blumenthal, directeur de l’American Botanical council, plusieurs
rhumatologues américains présents au congrès de San
Diego et, plus près de nous, Jean-Yves Dionne, pharmacien, et divers
professionnels de la santé et beaucoup de personnes qui ont été
soulagées de l’ostéo-arthrite dont elles souffraient
aux genoux, grâce à la glucosamine et à la chondroïtine.
C’est à croire que le sulfate de glucosamine n’est
que du vent ou de la farine alors qu’il n’en est rien.
Voici donc l’information exacte qui permet de comprendre les résultats
fort intéressants et positifs de cette étude. Soulignons
premièrement que le recrutement des personnes qui ont participé
à cette étude fut très long car le protocole exigeait
de n’inclure dans cette étude que des personnes n’ayant
pas pris de sulfate de glucosamine depuis trois mois et de chondroïtine
depuis six mois. L’Étude regroupait exactement 1583 personne
: 22% (348 personnes) avec des douleurs modérées à
graves et 78% (1235 personnes) avec des douleurs légères.
Or, dans le premier groupe de 348 personnes souffrant de douleurs plus
importantes aux genoux, les résultats, quant à l’utilisation
du sulfate de glucosamine et de chondroïtine ont été
de 10% supérieurs au Célécoxib (Celebrex) quant au
soulagement de la douleur, ce qui est excellent ! (79,2% par rapport à
69,4%). N’oublions pas également que cet anti-inflammatoire
pharmaceutique (Célécoxib/Celebrex), comme tous les anti-inflammatoires
pharmaceutiques, comporte plusieurs effets secondaires, dont les médias
ont parlé abondamment.
Tout au long de l’étude, le degré de douleurs aux
genoux a été évalué à la fin de la
24ième semaine, cette évaluation était la suivante
:
- 79,2% des personnes souffrant de douleurs modérées à
sévères ayant pris le supplément de GLUCOSAMINE
combiné à la CHONDROÏTINE ont connu une diminution
de leurs douleurs.
- 69,4% des personnes souffrant de douleurs modérées à
sévères ayant pris CELEBREX ont vu leurs
douleurs diminuer.
- 65,7% des personnes souffrant de douleurs modérées à
sévères ayant prix la GLUCOSAMINE ont vu
leurs douleurs diminuer.
- 61,4% des personnes souffrant de douleurs modérées à
sévères ayant pris la CHONDROÏTINE
ont vu leurs douleurs diminuer.
- 54,3% des personnes souffrant de douleurs modérées à
sévères ayant pris le PLACEBO ont vu leurs
douleurs diminuer.
Il n’est pas étonnant que les meilleurs résultats
aient été obtenus chez les individus qui prenaient à
la fois la GLUCOSAMINE et la CHONDROÏTINE. Ces deux substances permettent
conjointement de réparer les tissus articulaires endommagés.
- Le premier groupe recevait chaque jour 1,500 mg d’un supplément
de GLUCOSAMINE
- Le deuxième groupe recevait 1,200 mg par jour d’un supplément
de CHONDROÏTINE
- Le troisième groupe recevait une combinaison de ces deux suppléments,
soit la GLUCOSAMINE et la CHONDROÏTINE
- Le quatrième groupe recevait le médicament CELEBREX
(200 mg)
- Le cinquième groupe recevait un PLACEBO.
Lors de cette rencontre de l’American College of Rheumatology,
le Dr Herrero-Beaumont, de la Fondation Jimerez Diaz de Madrid, a également
dévoilé les résultats de son étude. Cette
dernière a montré que la GLUCOSAMINE est PLUS EFFICACE que
l’ACÉTAMINOPHÈNE dans la diminution des douleurs arthritiques
aux genoux. Dans cette étude, après 24 semaines de traitement,
la GLUCOSAMINE s’est avérée supérieure au traitement
par l’analgésique. Un groupe de 318 patients était
impliqué dans cette étude.
« On oublie aussi de dire que ces produits (glucosamine et chondroïtine)
sont sécuritaires et ont un coût raisonnable, comparativement
à des médicaments sur ordonnance » de dire Mark Blumenthal,
directeur de l’American Botanical Council.
Voilà pour la joue droite, qui n’a pas été
présentée par les auteurs de l’article du New
England Journal of Medicine (pourquoi ?) et par conséquent
par les médias qui se fient uniquement à cet article.
L’effet placebo maintenant
Qu’est-ce que l’effet placebo ? L’effet placebo est
l’amélioration de l’état de santé ou
encore la diminution d’un malaise ou d’une douleur par des
placebos (placebo vient du latin « te plairai ») par des pilules
de farine ou de sucre, à l’insu de la personne, qui croit
qu’elle prend le produit à l’étude.
Dans cette étude, le groupe placebo a donc été comparé
aux autres groupes, pas seulement à celui prenant de la glucosamine
ou de la chondroïtine, mais aussi à l’anti-inflammatoire
pharmaceutique Célécoxib (Celebrex). Dans le premier groupe
souffrant de douleurs modérées à graves, soit 348
personnes, effet placebo : 54,3% et dans le deuxième groupe souffrant
de douleurs légères, soit 1235, effet placebo : 60,1%. Or,
une étude dirigée par le Dr Levine de l’Université
de Californie a démontré que l’endorphine, une sorte
de morphine produite par la glande hypophyse, donc d’anti-douleur
naturel, pouvait, lors d’études placebo, supprimer la douleur
des patients croyant recevoir un médicament efficace pouvant les
soulager. Lorsqu’on administrait de la Naloxone (un antimorphinique)
aux patients présentant un effet placebo, l’effet placebo
était supprimé et les patients souffraient de nouveau.
On peut se demander pourquoi dans cette étude l’effet placebo
est nettement plus élevé que lors de divers autres essais
portant sur l’arthrose et l’ostéo-arthrite. Les patients
étaient-ils plus motivés, ce qui a amené par auto-suggestion
une plus grande production d’endorphines dans leur organisme ? Il
faut comprendre toutefois que cette morphine naturelle que constituent
les endorphines n’a pas d’effet anti-inflammatoire et n’aide
aucunement à reconstituer les cartilages, ce que toutefois peuvent
faire la glucosamine et la chondroïtine. La comparaison avec le placebo
dans ce genre d’étude pourrait donc être considérée
comme boiteuse. N’oublions pas que Santé et Bien-Être
Canada a maintenant établi une monographie sur le sulfate de glucosamine
et que les produits connus de sulfate de glucosamine (ampoules et comprimés)
de Flex-O-Flex ont un DIN de Santé et Bien-Être Canada.
Regardons maintenant la joue gauche (l’angle unique choisi par les
auteurs de l’article du New England Journal of Medicine).
Sur 78% des gens participant à l’étude, soit 1235
personnes souffrant de douleurs légères aux genoux, une
réduction de la douleur a été rapportée :
- dans 70,1% des cas, pour le Célécoxib
- dans 66,6% des cas, pour la glucosamine et la chondroïtine
- dans 65,4% des cas, pour la chondroïtine
- dans 64% des cas, pour la glucosamine
- dans 60,1% des cas, pour le placebo
70,1% des gens souffrant de douleurs légères ont été
soulagées de leur douleur avec Célécoxib (Celebrex)
contre 66,6% pour la glucosamine et chondroïtine conjuguées,
soit une différence de 3,5%. Par rapport à la glucosamine
seule, un résultat de 64% en ce qui a trait au soulagement de la
douleur, soit 6,1% de différence. Ces produits (glucosamine et
chondroïtine) n’ont pas d’effets secondaires et sont
moins dispendieux que le Célécoxib (Celebrex). On n’a
même pas tenu compte des effets secondaires à long terme
de cet anti-inflammatoire sur les cartilages et la santé en général.
Et la comparaison avec le placebo pourrait à mon sens être
considérée comme boiteuse, compte tenu de l’étude
du Dr Levine de l’Université de Californie sur les endorphines
médiatisant l’effet placebo.
Une étude est donc, en conclusion, comme un visage, il faut la
regarder en face et sous tous les angles, ce qui permet une bonne communication.
Quand il s’agit de santé, cela prend toute son importance.
Johanne Verdon, ND.A.
3 mars 2006
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